En 2016, la magie se rua à l'assaut du monde, gigantesque tsunami touchant indistinctement tout à chacun, modifiant à jamais un univers qui l'avait relayé au domaine de la fiction. Du jour au lendemain, sans prévenir, des personnes révélèrent des capacités inouïes – les fanatiques de comics se mirent à parler de mutants à la X-Men, les scientifiques d'une potentielle évolution de l'humanité. De nouveaux animaux furent découverts, mutations d'êtres déjà existants, résurgences de créatures qu'on pensait n'exister que dans les légendes. Mais le changement apporta la crainte. Des refuges furent créés pour rassembler ces nouveaux individus. L'un d'eux se nommait Concordia. La suite

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Ronce ✿ On ne cueille pas une femme comme on cueille une fleur

 :: Quand on arrive en ville :: Cartes d'identités :: Cartes tamponnées
Jeu 1 Nov - 15:40

Ronce Deschamps
  • 26 ans
  • Française
  • Employée
  • au Gingerbread's House
  • Citoyenne
  • Steam Street

✿ Afin d'éviter tout incident avec son pouvoir, Ronce porte continuellement des gants fins en tissu. Il serait dommage d'endormir quelconque en le saluant... ou en lui collant une gifle.


✿ Faute à son amour pour les sucreries, Ronce a perdu quelques dents à cause de caries tenaces. Heureusement que le faux émail remplace aisément les pertes. Elle possède aussi des bourrelets et a la cuisse grasse.

Malgré qu'elle soit consciente que le monde, Concordia compris, soit empli de personnes malintentionnées, Ronce veut croire en la bonté humaine. Sans être d'une naïveté de jouvencelle prête à faire confiance en quelqu'un, même si ce dernier est couvert de sang, la jeune femme a tendance à tendre la main et à donner une seconde chance. N'a-t-elle pas bénéficié de la bonté d'un homme, elle, jeune arrivante à Concordia avec pour seul bagage une valise abîmée ? Reconnaissante à jamais en Makena Sankale de lui avoir offert un travail, Ronce se sent redevable envers l'homme. Ce dernier refusant une quelconque contribution financière, Ronce travaille d'arrache-pied, ne lésinant pas sur les heures, toujours prête à épauler son patron (et ami) lors des coups de feu. Loin de lui déplaire, le travail lui permet de se ressourcer au sein de la quiétude du Gingerbread's House et de croiser de multiples visages formant un patchwork de récits : son univers.

Ronce est de ceux qui pourraient donner leurs heures à aider leur prochain, à rejoindre le rang des bénévoles.  Les invendus de la journée, elles les récolte et les donne aux plus nécessiteux, les déposant au sein des associations d'aide ou les tendant directement aux concernés. Sans pour autant lorgner du côté des bas-fonds : de sombres histoires circulent sur ce quartier et Ronce n'est pas assez farouche pour s'y risquer. Une femme, là-bas, a tout à craindre.

Si elle a un talent particulier, c'est bien celui de savoir écouter, d'être l'oreille compatissante dans laquelle vous pouvez déverser tout ce qui vous pèse sur l'âme. Ronce écoute, ne juge pas, laisse les mots sortir, la peine éclater. Et, en retour, vous offre un peu de chaleur humaine, des mots maladroits mais la volonté entière de vouloir vous aider.

L'injustice l'étouffe, d'autant plus qu'elle se sait incapable de pouvoir embrasser tous les malheurs du monde.

Alors elle travaille à son niveau, soigne son univers, ce microcosme que lui offre Concordia. Voir quelqu'un ressortir de la boutique avec le sourire lui procure une bouffée de bien-être. Si elle ne peut pas renverser le monde, le secouer pour mieux le reconstruire, au moins peut-elle offrir un peu de bonheur et de soutien aux désœuvrés de la ville.

Elle n'est qu'une fleur qu'on a élevé sous serre et qui cherche à tout prix à prospérer et croître, à gagner en force pour servir de tuteur à d'autres pousses.

Particularités
Caractère
Endormir les gens par le toucher ✿  Le contact se fait par l'épiderme et demeure localisé aux mains de Ronce. Serrer la main de quelqu'un devient ainsi impossible à la jeune femme sans quoi elle risquerait de vous retrouver endormi à ses pieds, la bave aux lèvres. Mais elle peut vous saisir par l'épaule, frôler le bras tant que votre corps est vêtu, qu'un tissu empêche tout contact épidermique. Plus le contact peau à peau est important, plus la durée de sommeil est longue (jamais plus d'une journée). La durée peut aussi être influencée par l'état de la victime : santé faible, personne âgée ou, au contraire, jeune enfant. Heureusement, son propre pouvoir n'a aucun effet sur elle.
Capacités
Elle avait onze ans lors de l'incident de 2016. Ce jour-là elle ne perçut pas le chamboulement qui dévalait sur le monde, menant son quotidien avec la régularité d'une horloge. Tandis que sa nounou s'occupait de préparer le goûter, Ronce avait allumé la télévision. En lieu et place de son dessin animé habituel, l'écran dévoilait des scènes semblant tirés d'un mauvais télé-film. Des personnes rassemblées dans un gymnase, enroulées dans des couvertures de survie. Des bâtiments détruits, encore fumants. Des cris, des imprécations, des visages tuméfiés aux regards abasourdis. Des animaux gigantesques, ou ridiculement petits, dévoilant des membres improbables. Un chien à tête humaine.

« Oh que passent-ils encore à la télévision en pleine journée ? » se récria sa nounou, l’écœurement perceptible dans sa voix. Prenant la télécommande des mains de l'enfant, elle éteignit la télévision. « Allons ce n'est pas de ton âge. Viens plutôt manger avant de faire tes devoirs. »
« D'accord. »

La fillette obéit docilement. Elle était encore à l'âge où l'on croit fermement aux paroles des adultes. Ce fut bien des années plus tard qu'elle comprit ce que la télévision lui avait montré, ces fragments d'un monde en pleine déconstruction.

✿  ✿  ✿

L'éveil se fit à ses seize ans ou, pour être plus exact, son amorce.

Aujourd'hui encore Ronce n'a aucun souvenir de l'incident qui la faucha en 2021. Ce fut si intense et bref et tout ce qu'elle en sait provient des journaux qui ont relaté les faits et du corps médical qui lui apprit ce qui lui était arrivé. Une plante gigantesque avait soudainement poussé sous le macadam d'une route, le trouant de part en part, faisant tout voler sur son passage. Aucune voiture ne pouvait rien contre des ronces titanesques dont les épines perçaient le métal avec la même efficacité qu'un ouvre-boîte.

Assise à l'arrière de la voiture des Deschamps, perdue dans la musique diffusée par son téléphone, Ronce ne perçut par l'attaque qui venait derrière eux. La dernière sensation qu'elle ressentit fut la vibration qui secoua l'habitacle, un hurlement à demi étouffé par la musique.

Puis le vide – celui du coma dont lequel avait plongé son corps, appuyant sur l'interrupteur.

À son réveil, elle se rendit compte qu'elle pleurait, confusément. Lorsque l'infirmière vint vers elle pour la rassurer, Ronce se raccrocha à elle, noyée perdue au sein de l'océan s'agrippant à un bout d'esquif. Ses doigts saisirent le poignet dénudé de la femme. L'infirmière s'écroula sur elle, inerte. Les larmes se muèrent en cris d'incompréhension. Ronce avait beau secouer la femme, elle ne bougeait pas, demeurait sinistrement inerte.

Médecins et infirmières emplirent la chambre, éloignant leur comparse de la patiente, tentant de rassurer cette dernière qui s'étouffait dans ses pleurs.

« Je ne sais pas... Je comprends pas... Je voulais pas... »

Le sédatif amollit ses sens, fit basculer sa nuque sur l'oreiller.

✿  ✿  ✿

Au bout de quelques jours, rassurée et apaisée, on lui expliqua ce qu'il lui était advenu. L'incident, son coma. Ronce se félicita d'être allongée, sans quoi la nouvelle l'aurait fait tomber au sol. C'était une chose de se réveiller dans un lit d’hôpital. C'en était une autre d'apprendre qu'on avait passé près d'un an dans le coma. Mais ce n'était pas le plus frappant, elle le savait – depuis le jour de son premier éveil lorsque l'infirmière avait chue sur elle, inerte.

« On ne connaît pas les raisons précises. » avoua le médecin avec la moue de ceux qui détestent ne pas avoir le plein contrôle d'une situation. « Mais l'incident... Le contact que vous avez eu avec cette magie... semble avoir eu des répercussions sur vous. Que nous ne pouvons pas soigner. »

Il parlait de cela comme d'une tumeur qu'il aurait souhaité retirer mais que, hélas, sa science ne pouvait extraire sans risque pour son hôte. Ronce croisa les mains.

« Je dois vivre avec ? »
« Sans nulle doute. Un de mes collègues a fait appel à quelqu'un de plus expérimenté en la matière. Au moins êtes vous insensible à votre... propre... pouvoir. »

C'était presque une gageure comparée à tout ce qu'elle apprenait.

« Et mes parents ? »

Elle n'avait jamais eu de véritable contact avec eux. Ils étaient trop policés, trop guindés à son goût – résurgence d'un héritage nobiliaire qu'ils vantaient de descendre d'une haute lignée aujourd'hui éteinte. À une autre époque ils auraient vécu dans la cour d'un souverain. Au XXIe siècle ils demeuraient des hauts noms jouant les nobles qui, s'ils avaient encore de l'argent, n'avaient plus qu'un titre creux.

« Je suis désolé. » Et pour la première fois, Ronce crut percevoir une véritable empathie dans l'expression de cet homme. « Lorsque nous leur avons appris votre... évolution, ils ont préféré... »
« … m'abandonner. »
« Je ne dirais pas cela mais... »

Mais c'est la réalité, aurait voulu lui rétorquer l'adolescente mais elle se tut. Elle imaginait très bien la moue dégoûtée de ses parents, sa mère clamer qu'ils ne pouvaient pas la garder. « Nous sommes des gens bien comme il faut ! » Ils avaient du signer elle ne savait quel papier stipulant qu'ils ne pouvaient plus s'occuper de leur fille et la confiaient à Dieu savait qui.

« Les services sociaux ont votre dossier et vont vous trouver une famille d'accueil jusqu'à votre majorité. N'ayez crainte pour les procédures. »

Ronce haussa les épaules, fataliste. Elle n'avait pas les choix. Tant qu'elle serait mineure, elle ne pouvait que se laisser ballotter par toutes ces frasques administratives. Quant à son pouvoir... Ses mains se crispèrent. Elle devrait apprendre à vivre avec.

✿  ✿  ✿

Ses mains gantées serraient fermement la poignée de sa valise. À peine descendue de l'avion qui l'avait mené jusqu'à Concordia, le service d'immigration l'emmena dans un bureau afin d'officialiser son entrée dans la ville. Il lui fallut expliquer par le menu son intérêt pour Concordia, déposer son passeport, répondre à de multiples interrogations. Ronce débitait les réponses, mains croisées.

Il fallut qu'elle tende sa main pour que l'employé en face d'elle, improbable croisement entre l'humain et le chien tout droit sorti d'un épisode d'Animal Crossing, puisse l'étudier. Sa queue s'agita après un ultime reniflement.

« Pardonnez les procédures. » Il avait le timbre onctueux d'un majordome. « Mais il arrive que des gens mentent sur leurs capacités. La sorcière qui vous a tissé ces gants a fait un très bel ouvrage. Vous avez des exemplaires de rechange, je suppose. »
« Oui pour varier selon les saisons et en cas d'accroc. » Le tissu devait demeurer entier. Au moindre trou et le sort s'échapperait si son épiderme entrait en contact d'un autre.

Un tampon fut apposé sur un dossier. De la patte, l'hybride déposa devant Ronce son nouveau passeport, les clés de son logement, une liste d'entreprises à contacter et un traducteur magique. La jeune femme le passa autour de son cou tout en engouffrant les divers objets dans les poches de son manteau.

« Bienvenue à Concordia, madame. »
Histoire
So-chan Je souhaite qu'on passe touts et toutes ici un chouette moment !  very happy
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