En 2016, la magie se rua à l'assaut du monde, gigantesque tsunami touchant indistinctement tout à chacun, modifiant à jamais un univers qui l'avait relayé au domaine de la fiction. Du jour au lendemain, sans prévenir, des personnes révélèrent des capacités inouïes – les fanatiques de comics se mirent à parler de mutants à la X-Men, les scientifiques d'une potentielle évolution de l'humanité. De nouveaux animaux furent découverts, mutations d'êtres déjà existants, résurgences de créatures qu'on pensait n'exister que dans les légendes. Mais le changement apporta la crainte. Des refuges furent créés pour rassembler ces nouveaux individus. L'un d'eux se nommait Concordia. La suite

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Sugar, butter, flour • Kay Sokolov

 :: District magique :: Steam Street :: Gingerbread's house
Lun 12 Nov - 8:38
Sugar, butter, flour
La boutique était continuellement emplie de la fragrance des pâtisseries se confectionnant dans le laboratoire, du parfum des boissons que l'on servait aux clients, désireux de profiter de leur collation sur place. L'échoppe avait beau être chiche, guère aussi achalandée que ses consœurs plus prestigieuses, il y avait toujours quelqu'un à recevoir, à conseiller. Cela n'empêchait guère les invendus, toujours trop nombreux au goût de l'équipe qui se les partageait, refusant tout de go de les jeter.

La nourriture ne se gâche pas, assénait Makena à qui voulait l'entendre. Elle est là pour emplir les ventres, pas finir dans le caniveau. Plus d'un habitant des bas-fonds avait ainsi goûté, gratuitement, une des conceptions du Gingerbread's House.

Aujourd'hui était jeudi, une des rares journées de la semaine connaissant quelques périodes creuses, ce qui expliquait la présence d'une équipe aux effectifs réduits, la boutique s'autorisant l'ouverture le dimanche matin. Il y a toujours un Français pour venir réclamer une baguette, en riait Makena. Chance pour ces derniers que le propriétaire ait quelques connaissances basiques sur la boulangerie.

Ronce vivotait dans l'échoppe cherchant, continuellement, quelque action à accomplir, refusant de demeurer les bras croisées. Le reste de l'équipe avait beau lui dire de se ménager, de se laisser un temps de repos quand la situation l'exigeait, la femme refusait tout d'un bloc. Elle profitait des accalmies pour rajuster la vitrine, la remplir si un produit était trop vite parti ou nettoyer les lieux. Elle était incapable de rester assise à attendre ou, comme le faisait Lisbeth lorsqu'elle venait donner un coup de main, surfer sur son téléphone. Il y avait toujours la peur de ne pas entendre l'arrivée d'un client et de ne pas savoir réagir à temps.

La clochette de l'entrée la fit lever la tête de son ouvrage, la main posée sur le chiffon. Le repliant rapidement, Ronce le dissimula sur une des étagères intérieures du comptoir. Le duo de clients qui venait de s'engouffrer, Ronce les connaissait bien. Ils faisaient partie des réguliers, de ceux dont on finissait par retenir la commande soit par leurs visites quasi quotidiennes, soit par leur propension à se faire remarquer aussi bien par leur prestance que leur babillage.

La femme vint aux devants, comme à son habitude, les mains enfouies dans les poches de son pantalon. Sa veste de cuir, ses courts cheveux bouclant sur la nuque et cette commissure qui se creusait au coin de ses lèvres lorsqu'elle souriait lui filaient un air bravache.

« B'jour ! »
« Bonjour, la même chose que d'habitude ? »
« Toujours. C'est calme aujourd'hui. » commenta la cliente tout en embrassant la salle du regard, quasiment vide si on acceptait un ou deux clients pratiquement assoupis à leur table, plongés dans leurs occupations.

Ronce hocha la tête tandis qu'elle préparait la commande. La machine à café éructait brisant les grains en un concert de craquements se muant en glougloutement. L'attirail avait beau avoir les atours d'une machine à café à l'ancienne, aucune électricité ne parcourait son intérieur. Un phénomène qui fascinait toujours Ronce.

« Je vous apporte la commande à table, si vous voulez. » Ne jamais trop faire attendre un client, toujours le ménager. « Ça ne devrait pas prendre longtemps. »
« Pas de soucis. Ça apprendra un peu la patience à mon partenaire. » La cliente appuya ses dires d'un clin d’œil amusé. « On piétine sur une affaire et il aime jamais quand ça dure trop longtemps. »

On aurait cru entendre une grande sœur riant des déboires de son frère cadet. La femme se permit même de donner une tape dans l'épaule de son collègue, resté jusqu'ici muet.

« On le trouvera ce tordu, on les trouve toujours. Faut juste guetter le bon moment. C'est comme la chasse. Sauf que, nous, on tire par sur tout ce qui bouge pour ensuite remarquer que c'était qu'un pauvre cueilleur de champignons. »
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Ven 16 Nov - 21:54
Encore une journée à chasser cette foutue hybride mante religieuse. Putain qu'elle était doué cette saleté, aussi bien pour dévorer la gente masculine que pour fuir et lui couler entre les doigts tel de l'eau. Kay avait déjà fumé un paquet de clopes depuis le réveil. Enfin par réveil il fallait comprendre un assoupissement de trente minutes sur tout la nuit à bosser dans sa maison, à retourner encore et encore la moindre preuve, à lire et relire les comptes-rendus, à regardé à la loupe chaque photo pour y déceler le moindre indice, mais rien de rien.

Il y avait bien quelque chose qui lui échappait mais quoi ? C'était une chose sûrement aussi grosse que son poing au milieu de la figure du premier qui le ferait chier aujourd'hui. Mais alors que Kay se faisait couler un café dans une vielle cafetière en inox, il était en train de se donner un coup d'eau sur le visage, torse nu dans la salle de bain.

La nuit avait été longue et chaude. Putain de quartier avec la plage. Trop de chaleur... Ce fut la sonnerie de sa porte qui le sortit un peu plus de sa léthargie. Derrière la porte Gerda, une amie et collègue de boulot, qui le suivait depuis un paquet d'années.

– Du nouveau ?

Toujours torse nu, serviette sur l’épaule droite, avec un ton sec et désinvolte.

– Laisse moi rentrer et va te foutre quelque chose sur le dos.

Gerda n'avait pas attendu l'autorisation d'entrer. Elle avait forcé le passage pour entrer dans la maison de son partenaire, partenaire qui ne l'avait pas retenu sachant que ce serait contre productif. Ce fut en silence qu'il retourna dans la salle de bain, laissant Gerda faire, comme d'habitude, comme chez elle.

– Bon tu vas me dire maintenant si tu as du nouv... Mon café, espèce de résidu de gorille !

Ce fut sans sommation, après avoir fini de vider la cafetière, que Gerda lui avait balancé en pleine face.

– Ferme la avec ça ! On bouge d'ici. L'odeur de sueur, de clope et d'alcool c'est bon cinq minutes.


* * *



Sacré bonne femme. Il y en avait pas deux qui lui parlait comme ça. Comme il fallait s'y attendre, depuis qu'elle avait aperçu Kay aller au Gingerbread's House et le voir bafouiller quelques mots confus sans queue ni tête, elle ne faisait plus que l'amener ici. Maudite bonne femme...

Enfin Kay était bien trop préoccupé par cette saleté d'hybride. Il avait bien pensé à traîner dans le coin de prédilection de la Ruche, mais n'ayant aucune preuve concrète d'un potentiel lien il était tendu d'y aller. Bien que ce ne serait pas la première fois qu'il rendrait ce genre de visite à l'improviste dans un gang de Concordia, et qui finissait rarement bien. Enfin il était perdu dans ses pensées, grattant doucement sa barbe de trois jours.

Kay n'avait même pas entendu le début de conversation entre les deux femmes, percevant juste les dernières paroles de l'employée et de Gerda suite à la tape sur son épaule, réalisant par le même fait qu'elle était là. Une gène personnelle s'installa dans sa tête. Elle n’était pas comme Gerda, elle était…

Apparemment Gerda avait vaguement parlé boulot avec Miss Deschamps, et rien d'autre fallait il espérer. Enfin la remarque avait quand même arraché un léger sourire à Kay. Les chasseurs, voilà un autre type de fous modernes dont il aimerait bien s'occuper pendant ses jours de repos.

– Cette tordue c'est une femme. C'est pas si simple que ça, mademoiselle. On les trouve pas toujours avec les méthodes de la police de la ville. Mais surtout combien d'innocents sont en danger tant qu'on ne l'a pas chopé. Mais ouais, on va tout faire pour la foutre en prison, ce foutu monstre.

Monstre non pas car la meurtrière multi récidiviste était une hybride, mais car ses crimes n’étaient rien d'autre que de la boucherie purement et simplement. Le saint nectar était enfin prêt : un café bien noir et corsé.

Kay n'attendit pas une seconde et but une longue gorgé doucement comme si il buvait le champagne le plus cher au monde.

– Toujours aussi parfait votre café Miss Ronce.

Kay n'arrivait pas à être détaché vis à vis de Ronce Deschamps. Il était vraiment dans une allocution plutôt proche.

– D'ailleurs faites attention à vous. Apparemment cette foutue tueuse ne s'en prend qu'aux hommes, mais on sait jamais.

Et là l’œil malicieux de Gerda brilla de mille feux.

– Si tu t’inquiètes tant tu n'as qu'à la raccompagner chez elle après son travail, comme un garde du corps.

Kay, qui était en train de boire son café, recracha directement en face de lui tout ce qu'il avait dans la bouche.
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Sam 24 Nov - 0:49
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Ronce ne savait jamais comment réagir quand quelqu'un la nommait « Mademoiselle ». Lorsque cela venait de personnes âgées, elle mettait cela sur le compte d'une habitude si ancienne que la modifier serait trop compliqué, un vieux tic dont on n'arrivait pas à se défaire. Puis il y avait la différence de générations, le « mademoiselle » étant, à la vieille dame, ce qu'était le tutoiement maladroit au pré-adolescent. Le plus dur était de savoir quand le mot était là pour assurer une autorité sur elle, ce qui arrivait parfois avec certains clients mécontents, lui renvoyant sa jeunesse (et, par extension, son inexpérience) dans la figure.

Ce qui semblait être le cas avec ce client qui alternait entre l'attitude de l'homme de terrain (typiquement le genre à vous dire de circuler et que la police vous informera en temps voulu) et le pédagogue tentant d'expliquer un art particulièrement obscur à une novice.

« Une tueuse qui s'en prend qu'aux hommes ? »

Ça avait le mérite de changer des serial-killers s'adonnant aux femmes pour vaquer à des vices que la société prohibait (à juste titre). Cette femme pratiquait-elle ces massacres pour les mêmes raisons ? Ronce en avait entendu quelques rumeurs, de ceux vous confirmant que ça n'arrivait qu'aux autres, tout en laissant planer le doute. Corcondia n'était pas un pays, mais une cité – ses limites étaient plus restreintes. Il y avait de quoi frissonner à s'imaginer avoir déjà croisé la route d'une tueuse et n'avoir du son salut qu'à son genre.

Pour une (rare) fois qu'être femme pouvait lui permettre de s'éviter des ennuis...

Une pensée qui fut brutalement rompue par la toux inopinée de son client, éructant son café. Gerda s'en amusait en donnant des tapes entre les omoplates de son partenaire – signe que ce ne devait être rien de grave. Émotion que ne partagea guère Ronce, toujours propice aux inquiétudes, d'autant plus lorsque le souci touchait un membre de la clientèle. « Un client de déconfit et c'est un client à jamais parti. » Depuis qu'elle avait entendu l'adage, elle était marquée au fer rouge dans son esprit.

« Oh je suis désolé ! »

Avec la chance qu'elle avait, quelqu'un avait du confondre sel et sucre lors du remplissage de la machine – une erreur inqualifiable mais qui pouvait survenir à tout instant, surtout depuis l'achat de ses étiquettes ré-inscriptibles magiques (qui avaient la fâcheuse tendance à modifier les lettres sans l'accord de quiconque). Se ruant vers le comptoir, Ronce revint avec un torchon, épongeant la table du mieux qu'elle pouvait.

« Encore toutes mes excuses. Je vais vous resservir et vous offrir la consommation pour la peine. »

C'était bien la moindre des choses qu'elle puisse faire.

Sans même attendre la réponse du concerné, plongée dans sa volonté d'éviter tout coup d'éclat, Ronce revint avec une nouvelle tasse et un verre d'eau. Elle tendit ce dernier au détective.

« Tenez, ça vous fera du bien. Et, si je puis me permettre, c'est plutôt à vous de faire attention. Concernant cette femme. Vous êtes davantage dans son viseur que dans le mien. Surtout si elle sait que vous enquêtez sur elle. »
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Mar 11 Déc - 21:17

La toux de Kay avait du mal à passer même avec « l'aide » de Gerda qui s'amusait un peu trop de la situation, de ce qu'elle pensait avoir compris de lui et de ce que représentait ce lieu pour lui. Et comme si ce n’était pas tout Miss Deschamps se confondait en excuses et voulait renouveler la consommation gratuite et, du coup, payer les pots cassés à la place de Gerda...

– N..on...

Quelques lettres réussirent à sortir de la bouche de l'homme avec toutes les peines du monde. Tout en toussant et en tendant le bras en direction de la serveuse, il lui fit signe que ce n’était pas la peine. Bien vite il lança un petit regard noir en direction de Gerda, toussant un gros coup pour faire partir ce qui le gênait dans la gorge.

– TU payes les consommations. Et cette tasse aussi. Et pas de frais de travail.

Kay était rouge tomate. Pas forcément à cause de la gène de ce qui se passait en ce lieu, mais aussi car l'air venait à peine de pouvoir reprendre ses droits dans ses poumons ou ce qu'il en restait. Kay n'aimait pas ça. Ceux qu'il faisait culpabiliser sans aucun remords étaient ces saloperies de criminels... Et pas elle.

–  Hum hum. Excusez moi. C'est juste passé dans le mauvais tuyau. C’était gentil, mais c’était pas la peine pour le café. Gerda réglera la consommation.

Kay se prit un verre d'eau, à défaut d'un verre de vodka, pour bien nettoyer sa gorge. À part la mine rouge tout était revenu à la normale.

–  Ce n'est que des suppositions, et surtout mon intuition qui parle. Aucune preuve concrète, ni officielle. Du coup il vaut mieux rester prudent, Et votre inquiétude est à votre image : gentille. Mais ne vous en faites pas : je suis toujours prêt à la recevoir pour la mettre sous les barreaux.

Kay, au même moment, posa sa main sur son cœur qui, lui, était couvert par son arme de service. Oh que oui il était prêt à la recevoir. Il ne demandait pas mieux. S'il pouvait faire en sorte de l'amener à lui, quitte à y laisser des plumes pour le bien de la justice, cela ne le dérangeait pas. De toute façon il n'avait aucune attache réelle ici bas et s'il n'avait certainement pas encore franchi la ligne de non retour c'était sûrement grâce a Gerda qui savait lui faire comprendre certaines choses.

–  Enfin, comme la propose Gerda, si vous avez besoin de moi ce sera... avec plaisir que je vous aiderais, si vous le voulez bien sûr. Et heu je vous prendrais bien ce gros muffin aux groseilles là bas s'il vous plaît.
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